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La guerre atomique a commencé

Dans un documentaire effarant, "La Guerre Radioactive Secrète" diffusé sur Canal + le jeudi 24 février 2000, le réalisateur français Martin Meissonnier apporte pour la première fois la preuve de l'utilisation massive d'obus radioactifs par les armées américaines et britanniques au cours de la guerre du golfe.

Et ce dès 1991, puis en Serbie, au Kosovo en 1999, et sur différents sites d'essai.
Le ministère de la défense américain nie depuis toujours la forte radioactivité de l'uranium appauvri contenu par ces nouvelles armes. Mais ce film/scoop affolant démontre le contraire avec éclat.

L'uranium naturel, une fois enrichi, devient le célèbre uranium 235 utilisé à des fins nucléaires. Les 99% de déchets qui restent constituent l'uranium 238. Un métal aussi gratuit qu'artificiel, ultra-lourd et inflammable, qui une fois inclus dans la composition de l'obus 829A1 (sans rival), atteint les chars blindés jusqu'à trois kilomètres de distance, et en perce le blindage grâce à l'uranium qui entre en fusion et traverse l'acier comme un couteau dans du beurre avant d'exploser.

Le contenu de la tourelle est instantanément liquéfié, carbonisé, comme le furent les milliers d'hommes qu'ils contenaient.

Première vision d'horreur.

Des tests pratiqués sur les soldats américains tombés mystérieusement malades dès leur retour montrent qu'une irradiation dramatique est la cause de leurs graves troubles, handicaps, et de très nombreux décès.

Mais le Pentagone minimise toujours les effets de l'uranium appauvri. Pourtant le sergent à la retraite Carole Picou, chauffeur de camion, est gravement atteinte. "Mes pied ont grandi de la taille 37 à la taille 39 en deux ans, j'ai des problèmes sanguins, respiratoires, mes mains ont grandi, mes os grandissent et me font beaucoup souffrir. Je ne contrôle plus mes intestins, ma vessie." Comme d'autres, elle a du subir l'ablation de la glande thyroïde. Mais l'armée dément toute responsabilité à l'uranium. Carole Picou n'a su qu'elle était acontaminée qu'en 1992, à la suite des conseils d'un autre vétéran malade, qui l'a conduit à effectuer des analyses privées.

Selon Paul Sullivan du National Gulf War Resource Center, sur les 700.000 soldats américains qui ont combattu en Irak, 250.000 ont dû être soignés après la guerre, notamment à la suite des lésions dues à des vaccins de choc et aux armes chimiques irakiennes. Mais ces armes chimiques n'expliquent pas les maladies typiques de l'irradiation, à commencer par les effroyables mutations qui ont lieu sur quantité d'enfants de soldats.

Car le cauchemar ne fait que commencer. Images d'enfants nés sans bras, sans mains, sans membres, aux bouches difformes, aux ventres gonflés. Aux crânes gigantesques. Et qui meurent avant la puberté. Le célèbre hebdo LIFE Magazine dénonçait en 1995 le mystérieux "syndrome irakien" en montrant un de ces enfants mutants en couverture, mais sans oser croire à l'évidence. Selon Sullivan, l'uranium appauvri est la piste numéro un.

Et selon le Pentagone lui-même, pas moins de 940.000 obus en contenant ont été tirés en Irak par les avions A10, les mitrailleuses Phalanx et certains missiles ! Les poussières, radioactives pendant plus de quatre milliards d'années, sont toujours inhalées et ingérées par les irakiens et le reste de la population mondiale aujourd'hui. Un million deux cent mille irakiens seraient déjà morts depuis la "fin" de la guerre (dont trois cents cette année des bombardements américains, toujours d'actualité).

Des milliers d'enfants meurent dans des conditions ignobles dans ce pays toujours torturé par un embargo total. Quand Doug Rokke, responsable de l'unité de "décontamination" de l'armée américaine apprend qu'il est contaminé en 1996, il comprend la cause de ses maladies. On ne lui avait pas une fois proposé de combinaison NBC anti-radiation malgré son activité à risque.

Son supérieur le colonel Daxon, lui, en portait une : il savait donc. Comme Picou, Rokke dénonce un filtrage et une manipulation de l'information. Le congrès américain a même voté et exigé une enquête, mais l'armée n'a encore rien transmis au congrès des années après. Les médecins se plaignent de pressions.

L'éminent Professeur Asaf Durakovic, grand médecin militaire spécialiste en médecine nucléaire, a été le premier à déceler la contamination chez des vétérans. Les autorités l'ont aussitôt sommé de cesser ses recherches. Son budget lui a vite été retiré après son refus. Ils se plaint de pressions, de manipulations, de mensonges médiatiques énormes. Rokke, lui, dénonce des écoutes téléphoniques. Des chercheurs sont virés.

Les soldats qui osent contester perdent la couverture sociale dont ils ont besoin pour eux-mêmes, et pour leurs enfants mutants dégénérés. A ce niveau-là, la rétention d'information s'appelle de la propagande de guerre. En temps de "paix", c'est la marque même du fascisme. La différence fondamentale entre démocratie et dictature, entre transparence et mascarade militaire.

L'ex-expert du Pentagone Durakovic, révolté, outré, montre par ses expériences privées que des vétérans contiennent des excès d'uranium 236 (en plus des restes de 234, 235 et pour la plupart 238 appauvri ), qui ne peut être créé que dans la cuve d'un réacteur nucléaire. Un scoop terrifiant alors que la contamination des vétérans de l'Irak n'est toujours pas reconnue et soignée comme telle aux Etats-Unis. Et la loi interdit aux soldats de porter plainte contre l'état. Et depuis l'Irak, cette loi a été étendue aux familles. Donc aux enfants.

Pour Laurence Desvignes, à la Croix-Rouge au Kosovo, on ne sait plus quoi dire aux populations malades. Mais on ferme les fenêtres en passant près des douze chars carbonisés, aux poussières diaboliques, recensés dans le coin. L'OTAN et le Pentagone refusent de donner les lieux d'impact des obus à l'enquête exigée par l'ONU. Secret défense.

L'éminent docteur allemand Siegwart-Horst Günther, épidémiologiste, a purgé deux mois de prison à Berlin pour détention de substances hautement radioactives après avoir fait analyser deux douilles de balles à l'uranium ramassées dans le désert d'Irak.

Des enfants jouaient avec des balles. Certains sont déjà morts.

Pour Monique Sené du Collège de France, la dose de 11 microsievers à l'heure prouve la présence dans ces douilles d'un uranium trop radioactif pour être de l'uranium appauvri. Leur métal provient-il de déchets de réacteurs nucléaires? Mystère vertigineux. Les obus à l'uranium, très efficaces, sont pourtant actuellement utilisés par près de 20 pays dont Taiwan, la Chine, la Russie (en Tchéchénie ?), L' Arabie Saoudite, l'Inde, l'Egypte, le Pakistan, Israël, L'Afrique du Sud etc....

Loi du marché oblige. Leurs performances imbattables sont prouvées par leur utilisation victorieuse et ils se vendent bien. Leur métal provient-il de déchets de réacteurs nucléaires ? Est-ce le dernier mais plus grand scandale d'un siècle riche en folie pure ?

Quoiqu'il en soit, il va falloir minutieusement décontaminer des pays entiers.

Et vite.

Une décontamination impossible. A coups de milliards. Et commencer par arrêter la diffusion de ces missiles-suicide pour la nature toute entière, homme compris. Cette fois, le génome d'au moins un pays entier est irrémédiablement atteint. Les enfants d'après-guerre, très intelligents, sont atteints de cancers et d'atroces déformations congénitales. Se reproduiront-ils ?

L'humanité est-elle en péril pour de bon ? Sans doute.

Le mot de la fin est pour Martin Meissonnier lui-même : "L'uranium appauvri est surtout un poison. L'irradiation (très très petite comparé à du nucléaire classique) ne survient que par micro micro doses une fois qu'il est ingéré dans le corps où il provoque des cancers et autres maladies. Le danger provient de cette vaporisation dans l'air, car on peut le respirer comme à la roulette russe. Dans le cas d'utilisation de stocks d'uranium pourris ça peut devenir une arme bien plus terrible. Des commissions d'enquête italiennes, canadiennes et suisses sont en train de partir. On verra ce qu' ils diront."

Bruno Blum.


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Mise à jour le 22 février 2003